Lettres de Félicien Rops

à Jules Beaujoint, 1860 (?)

à Henri Liesse, 1864

à Ernest Scaron, 9/10/1867

à Léon Marcq, décembre 1853

à Louis Rorcourt, Thozée, 15/04/1862

à Madame Rorcourt, 1864

à Octave Pirmez, 1864

à Péladan

à Auguste Poulet-Malassis, 1864

à Félix Mommen, Mettet 14/11/1878

à son fils Paul

à son fils Paul, 1877 (?)

à son fils Paul, 1877 (?)

Mon cher fils Bien Aimé,
Ta lettre m’a fait plus que du plaisir, tu m’en écriras souvent afin que je vive plus de votre vie quoique loin de vous. Rien de ce qui vous touche ne m’est étranger. Dis-moi tout de suite comment va la santé de mère. Je sais combien sont douloureuses & pénibles ces névralgies qui reviennent à heures fixes, elle en avait déjà souffert avant. Depuis quelques années elle a eu de bien rudes coups à supporter, les morts se sont succédées avec une effrayante rapidité & celles auxquelles on s’attendait le moins. La mort de l’oncle Ferdinand arrivant ainsi subitement a dû être pour elle un événement non seulement douloureux mais encore particulièrement pénible, par les circonstances qui l’on accompagné. Je ne te dirais pas mon cher Paul d’être " bien obéissant " envers elle mais je te rappellerai, puisque te voilà un homme, que tu ne pourrais avoir pour elle trop de tendresse ni trop d’égards. Ta mère a toutes les qualités du cœur & de l’esprit & son jugement sain & sûr ne pourront jamais t’égarer dans la vie. Moi-même, si j’avais toujours écouté ses conseils, j’eusse évité bien des malheurs & bien des fautes que le temps & mon courage me permettront de réparer je l’espère. Tu le vois, je te parle Cher fils bien aimé, non plus comme l’on parle à un enfant mais comme l’on parle à un homme que tu es maintenant. Ta mère s’était guérie de ces névralgies avec des applications de morphine. Qui est maintenant le médecin de Thozée ?
Et quels ennuis encore pour elle que toutes ces affaires que la mort de l’oncle Ferdinand laisse pendantes, à mettre en ordre ! Que de tracas, que de peines ! Aide-la bien si tu le peux & soutiens-la de toute ton affection & de tout ton amour filial.


Lettre de Félicien Rops, probablement de 1877